Cette semaine, Belle, Bonne, Fine et Capable devrait fêter ses deux ans d’existence. Au lieu d’entendre le son des flûtes de fête déroulantes, c’est plutôt le glas qu’on entendra sonner.

En effet, je n’ai pas réussi à faire de ce blogue ce que j’en aurais voulu. Au début, il me servait à me défouler, à sortir le “méchant” en écrivant pour laisser sortir ce qui me ruinait par en-dedans. Après, je m’en suis servi comme outil pour partager mes expériences et tentatives pour devenir belle, bonne, fine et/ou capable, selon l’activité en question. Puis, j’ai osé fantasmer sur un potentiel avenir de blogueuse professionnelle, où écrire aurait pu être mon métier.

Mais dans les derniers mois, j’ai réalisé à grands coups de réalité que mes démons intérieurs ne m’ont jamais quittée. Bien que vous soyez quelques-un(e)s à m’encourager et à me répéter que j’écris bien et que j’ai du talent, mes yeux ne voient que l’inverse. Je vois tous ces likes qui ne se transforment pas en lecteurs. Je vois Facebook qui m’empêche de rejoindre mes abonnés à moins de payer une fortune. Je vois que ceux qui me lisent interagissent peu avec mes publications. Je pourrais continuer comme ça longtemps, mais l’important ici, c’est que tout ça me rend malheureuse alors qu’avant, ça me faisait du bien.

Il faut dire aussi que j’ai probablement fait le tour et qu’il y a une limite à parler de soi. J’aurais voulu montrer à d’autres qui souffrent qu’ils ne sont pas seuls, mais maintenant j’ai peur de leur montrer que ça existe aussi, des gens qui essayent tout mais qui ne s’en sortent jamais. Plus le temps passe, plus je m’isole, plus je m’efface, plus je me sabote. J’en suis au même point qu’en 2009, quand j’avais l’impression de déranger tout le monde avec ma négativité, avec mon air bête. Je coupe tous mes liens un à un pour arrêter de déranger, et surtout parce que tout me dérange et m’agresse.

Dernièrement, avec mon ménage du printemps qui n’est toujours pas fini, je me suis mise au minimalisme. Ça implique de tout trier, de me séparer de tout ce qui ne m’apporte pas de plaisir ou de bonheur. Ça implique aussi de couper des liens avec des souvenirs qui ne seront plus jamais tangibles. Ça me fait du bien de vider la maison tranquillement, de dépolluer mon environnement. J’essaye aussi de me guérir de mon état d’acheteuse compulsive, de réaliser que ce n’est pas parce que j’aime et que je possède un objet que je ressentirai aussi de l’amour en échange. Il faut que je trouve autre chose pour m’accomplir, pour vivre des émotions.

Je veux m’isoler et me concentrer sur moi et ma famille proche. Je ne veux plus avoir besoin de l’approbation de tout le monde pour réaliser que j’ai une valeur et que je mérite d’être aimée, d’avoir du plaisir et du bonheur. Je veux continuer d’essayer des choses pour trouver qui je suis, ce que j’aime et ce qui me donne du plaisir, mais je le ferai pour moi, dans l’anonymat. Il faut absolument que je trouve à quoi je sers dans cette vie dont je ne fais pas partie, que j’aie au moins un but, un rêve, un objectif.

Il est temps que je coupe aussi mon lien avec mon blogue car il ne m’apporte pas le bien que je voudrais. Je suis plutôt constamment dans l’impression que je le néglige. Je sens que je dois me forcer pour écrire. Ensuite je suis triste de ne pas avoir de réactions et je me rentre dedans en me disant que je n’intéresse personne et que le monde en ont marre de moi.

Bref, je n’en peux plus de souffrir.

La maladie mentale, la plupart des gens en souffrent à un niveau ou un autre, d’une façon ou d’une autre, mais il semble encore et toujours un fait établi que la majorité des gens préfèrent l’ignorer et ne pas en parler. Toute ma vie j’ai voulu être moi-même, qu’on me respecte et qu’on m’aime comme je suis. Ce sera encore ma quête, mais à une mauditement plus petite échelle.

Je retourne donc dans mon cocon où je remets tout en question en espérant un jour devenir papillon.

Au revoir.

Caroline

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